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La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs a longtemps eu comme slogan « L’Union fait la faune », slogan bien connu qui reflète le travail et l’influence de plusieurs chasseurs et pêcheurs du Québec depuis plus de 60 ans. C’est par la Fédération, qui représente ces passionnés et constitue leur voix dans la gestion de la faune et la défense de leurs droits de chasse et de pêche, que des centaines d’actions furent accomplies pour la conservation des ressources fauniques et le développement des activités fauniques. Cet appel à l’implication des chasseurs et des pêcheurs s’est exprimé très tôt. D’où vient-il et quelle est la raison d’être de la Fédération dans le portrait faunique québécois ?

Jusqu’à la deuxième grande guerre, la faune était entre les mains de centaines d’associations de chasseurs et de pêcheurs, de propriétaires de territoires et de clubs privés et d’une autorité provinciale dont le peu de pouvoir faisait déjà craindre pour la survie de la faune et de ses bénéficiaires.

En novembre 1946, des centaines de délégués d’associations de « sportsmen » et de propriétaires de clubs ou de territoires se sont rassemblés dans la capitale du Québec. Tous appelés par un même but, ils voulaient unir toutes les associations de chasse et de pêche de la province, en créer de nouvelles et s’impliquer avec le reste de la société dans la conservation du gibier, du poisson et des ressources naturelles. Ces « pères de la Fédération » ont donc paraphé la charte de la « Fédération des clubs de chasse et pêche du Québec ». Ce nouveau né, formé de près de 400 clubs répartis en 11 organisations régionales, a entrepris de mettre de l’ordre dans la gestion de la faune au Québec. Oubliant les grandes erreurs faites jusqu’alors, ses membres ont retroussé leurs manches pour assurer la survie de la faune, de la chasse et de la pêche, mais aussi pour qu’enfin leur connaissance du milieu et du domaine puisse profiter à tous les amants de la nature.

Des centaines d’associations ont répondu spontanément et se sont jointes au mouvement. Chacune d’elle recevait le titre de « membre actif » pour la somme faramineuse de 10 sous (canadiens) par année. Les pourvoyeurs pouvaient se joindre également à la Fédération pour 10 $ annuellement ainsi que des membres honoraires pour apporter leur contribution, dont le Ministre de la Chasse et des Pêcheries, Monsieur Camille-Eugène Pouliot.

Dès la moitié du siècle, les chasseurs et les pêcheurs québécois étaient donc inspirés par la conservation de la faune et conscients du rôle qu’ils devaient jouer dans cette dynamique. Leur volonté s’est rapidement concrétisée alors qu’ils coopéraient avec les autorités publiques de l’époque, le Ministère de la Chasse et des pêcheries, pour créer un programme d’aménagement et de conservation du poisson et du gibier. Les mots d’ordre étaient « obtenir l’équilibre requis entre chaque espèce », « assurer le rendement maximum pour le bien public » et « assurer la promotion de l’éducation et de la recherche scientifique ».

Sous l’égide du premier président, M. Bernard Castonguay, le bulletin de liaison des membres, édité dès 1947 sous le nom de « Nouvelles de la fédération », faisait état de résolutions fermes pour éliminer toute influence politique de la gestion de la faune et donner plus de pouvoirs et de moyens aux gardes-chasse et aux législateurs pour combattre le braconnage et la mauvaise gestion. Un premier pas dont les effets sont encore ressentis aujourd’hui.

L’évolution des visions sociales sur la chasse, la pêche et la nature a amené la jeune fédération à s’adapter rapidement au passage du temps. La disparition des propriétaires de clubs, américains pour la plupart, et la volonté de gens de s’impliquer de façon individuelle ont ainsi marqué l’adolescence de la Fédération. Modernisme oblige, c’est en 1965 que la « Fédération des clubs de chasse et de pêche du Québec » est devenue la Fédération québécoise de la faune, puis la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs en 2008.

Aujourd’hui, la Fédération est toujours basée sur la force vive de ses membres. En tant qu’organisme sans but lucratif, elle est considérée comme l’un des organismes à vocation faunique les plus anciens du Québec. Les dossiers qu’elle suit actuellement sont multiples et très actuels. La relève est en fait la grande priorité de la Fédération, mais celle-ci s’implique également à fond dans la gestion des espèces fauniques (ours noir, cerf de Virginie, orignal, dindon sauvage, bar rayé, perchaude, touladi, etc.) avec ses partenaires et les autorités compétentes. Elle fait valoir l’aspect légitime, traditionnel et patrimonial des activités de chasse et de pêche et s’assure que l’avenir n’en verra pas la disparition. Tous les dossiers sont suivis de près au nom des chasseurs et des pêcheurs, dans la même vision de conservation et de développement de la ressource qu’avaient ses membres fondateurs en 1946. Il s’agit d’une force étendue à la grandeur du Québec dont les services aux chasseurs et aux pêcheurs sont immenses. Le secret de son succès : l’appui, l’implication et le travail convaincu de ses membres.





 

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